Les schémas psychologiques - comment les détecter, comment les modifier? 


  


Nous entendons parfois parler de schémas ou « patterns » en psychologie. Nous pensons « ah oui ! Je rencontre toujours le même type d’homme et cela finit toujours pareil ». Ces schémas peuvent nous donner le sentiment d’être bloquée dans une répétition et de nous heurter à un mur.

En analyse, on considère que la prise de conscience d’un schéma et de son origine nous en libère, mais je ne pense pas que ce soit si simple. De plus l’approche analytique nécessite un psychanalyste et requière du temps.

J’ai fait une recherche plus axée sur l’approche cognitive et le meilleur bouquin que j’ai trouvé à ce sujet – livre grand public – a été écrit par J.E. Young et J.S. Klosko : Je réinvente ma vie.

Dans la préface, Aaron Beck, le fondateur de cette approche, dit que « les troubles de la personnalité suscitent à long terme chez l’individu des comportements autodestructeurs qui contribuent à le rendre malheureux. Les personnes souffrant de troubles de la personnalité éprouvent de la difficulté à vivre leur quotidien et par surcroît présentent des symptômes spécifiques tels que la dépression et l’anxiété. Souvent, leurs relations intimes ne leur apportent pas de satisfaction et elles ne se développent pas au maximum de leurs aptitudes professionnelles. Dans l’ensemble, leur qualité de vie ne correspond pas à leurs aspirations. »

Il fait ensuite référence aux différents symptômes reliés : Dépression, anxiété, crises de panique, dépendances, troubles alimentaires, problèmes sexuels, insomnies…

L’expression « trouble de la personnalité » me semble à moi très forte, mais à la lecture de ce livre, je me suis aperçu qu’elle ne fait que rendre compte d’une situation que beaucoup d’entre nous connaissons.

Les auteurs listent 11 schémas précoces d’inadaptation et indiquent comment les déceler, identifier leurs origines et les modifier. Ils définissent un schéma comme étant « une disposition qui prend sa source dans l’enfance et influence toute notre vie. Il est issu de ce que nous ont fait subir notre famille ou nos jeunes amis. Nous avons été abandonnés, critiqués, surprotégés. Nous avons été victimes d’abus, du rejet de notre entourage ou de privations, toutes choses qui ont entraîné des traumatismes. Au bout d’un certain temps, le schéma s’intègre étroitement à notre personnalité. Longtemps après avoir quitté notre foyer, nous continuons à créer des circonstances au sein desquelles nous sommes maltraités, ignorés, dénigrés ou dominés, et nous ne parvenons pas à réaliser nos aspirations les plus chères. Les schémas exercent leur influence sur notre façon de penser et d’agir, et sur nos relations avec nos semblables. Ils éveillent de violents sentiments comme la colère, la tristesse et l’anxiété ».

Est-ce que ceci vous inspire quelque chose?

Les 11 schémas développés ne sont pas exhaustifs. Il s’agit des schémas d’

 Abandon
 Méfiance et abus
 Vulnérabilité
 Dépendance
 Carence affective
 Exclusion
 Imperfection
 Echec
 Assujettissement
 Exigences élevées
 Tout m’est dû

Je ne vais pas détailler tous les schémas ici – juste quelques uns que je trouve fréquents et qui à mon sens posent un problème dans nos relations et notre épanouissement personnel.

Les caractéristiques des schémas selon Young et Klosko :
1. Il s’agit de modes habituels de comportement, de thèmes qui existent depuis l’enfance
2. Ils sont autodestructeurs
3. Ils luttent pour leur survie

Un schéma prend racine dans l’enfance. Il nous atteint dans notre identité, notre santé, nos relations, notre travail, notre bien-être. Nous éprouvons un besoin difficilement répressible de les préserver, cas l’être humain est doté d’un fort instinct de cohérence. Un schéma est quelque chose de familier et nous nous y sentons en sécurité en dépit du mal qu’il nous fait.

Nous mettons en place ces schémas pour pallier à une situation menaçante au cours de notre enfance. Mais s’ils ont pu être utile à cette époque, le plus souvent, ils ne le sont plus une fois que nous sommes adultes. Néanmoins, leur action destructrice est toujours active.

Ce sont des déficits sévères dans différents domaines qui peuvent déclencher la formation d’un schéma :
1. La sécurité de base,
2. Les relations interpersonnelles,
3. L’autonomie,
4. L’estime de soi,
5. L’expression de soi,
6. Des limites réalistes.

Ces domaines constituent les conditions nécessaires à notre épanouissement.

Le plus important de tous concerne la sécurité de base. Ce besoin est le plus fondamental de tous. Les personnes qui n’ont pas bénéficié d’un environnement sécurisé, qui ont été victimes d’abus ou d’abandon sont ceux qui présentent les troubles les plus aigus. Elles présentent des fragilités et sont facilement déstabilisées. Elles peuvent être impulsives et autodestructrices.
Un enfant qui se sent en sécurité est capable de se détendre et d’avoir confiance en ceux qui l’entourent. Ce sentiment de sécurité fondamental sous-tend tout le reste. Sans lui, peu de choses deviennent possibles, l’enfant ne peut travailler à son épanouissement. Il consacre tant d’énergie à s’inquiéter qu’il ne lui en reste plus suffisamment à consacrer à son bonheur.

Si nous sommes concernés par un ou plusieurs de ces schémas qui nous font répéter sans cesse les mêmes expériences douloureuses et improductives, notre première tâches si nous voulons nous en débarrasser et de savoir les reconnaître. Ce faisant, nous pouvons repérer les moments où ils se réactivent et choisir de réagir différemment. C’est souvent un long et difficile travail, mais totalement gratifiant lorsque nous y parvenons.