l'étude suivante suggère une (bonne) raison pour laquelle une thérapie est utile et (parfois) nécessaire.

Parfois, la vie est dure et nous en connaissons les raisons. La mort d’un proche peut être difficile à surmonter. Survivre à un accident ou être la victime d’une agression peut plonger dans la peur, l’anxiété ou l’insensibilité.

Pour beaucoup en revanche, la cause de leur mal être n’est pas si claire.

Un article d’Elizabeth Parks-Stamm, Gabriel Oettingen et Peter Goolwitzer publié en 2010 dans la revue Journal of Experimental Social Psychology donne quelques éléments de compréhension sur les raisons pour lesquelles nous tirons un bénéfice d’une psychothérapie.

Ces chercheurs se sont intéressés aux ressentis qui émergent des actions que les gens posent. Ils commencent par se baser sur des études antérieures qui montrent que les individus peuvent être portés à agir de manière inconsciente. Dans une étude, les individus répondaient d’abord à des mots présentés brièvement et qui étaient censés faire partie d’une étude sur la rapidité de réponse. Un groupe lisaient des mots relatif à la coopération (tels que aide, assistance, partage…) Un autre groupe lisait des mots relatifs à la compétition (tels que gagner, battre, conquérir…) Beaucoup d’études ont montré que quand les gens lisent des mots relatifs à la coopération, ils agissent de manière plus coopérative que lorsqu’ils lisent des mots relatifs à la compétition.

Ensuite, les individus jouaient à un jeu avec un partenaire sur un réseau informatique. (à l’insu du participant, le partenaire était en réalité un programme informatique.) Dans ce jeu, les joueurs étaient censés rechercher des nombres dans une matrice complexe. Le but de ce jeu pour le participant était de coopérer. Les participants qui avaient lu au préalable des mots relatifs à la coopération jouaient plus lentement pour laisser à leur partenaire un chance de gagner (le partenaire virtuel était programmé pour jouer lentement). Les participants qui avaient lu des mots relatifs à la compétition jouaient plus rapidement pour s’assurer qu’ils trouvaient plus de bonnes réponses que leur partenaire.

Après le jeu, on demandait aux joueurs comment ils se sentaient. Les joueurs qui avaient transgressé l’esprit du jeu en jouant rapidement se sentaient globalement plus mal que ceux qui avaient joué lentement. Les joueurs ignoraient pourquoi ils se sentaient mal. Ils le sentaient, c’est tout.

Jusque là, ce résultat montre que l’on peut engager une action sans savoir pourquoi et ces actions peuvent nous mettre mal à l’aise. Ce simple fait est suffisant pour nous mener à une thérapie.

Mais cela se complique.

Avant de jouer au jeu que je viens de décrire, les individus ont participé à une expérience dont on leur avait dit qu’elle était indépendante des autres. Dans cette autre tâche, on leur donnait des mots (ex : chien) et ils devaient donner des verbes dont la signification était liée au  mot (ex : aboyer). A certains participants, on demandait de répondre le plus rapidement possible. A d’autre, on demandait de répondre de manière la plus pertinente possible. Les deuxièmes répondaient plus lentement que les premier.

Cette première épreuve affectait la façon dont les participants se sentaient après la deuxième épreuve.

Les personnes qui avaient reçu comme instruction d’aller vite dans la première épreuve ne se sentaient pas mal quand elles ont participé au jeu de manière compétitive. Ils ont supposé qu’ils étaient dans un « mode rapide » et ils faisaient tout rapidement. Ils ont donc écarté la possibilité que leur comportement compétitif était inapproprié au jeu. Ils l’ont attribué à la première épreuve.

Pour résumer:

Il y a des moments où nous faisons des choses sans savoir pourquoi et nous nous sentons mal. Nous nous sentons mal parce que nous avons fait quelque chose de mal (être en mode compétitif alors que nous devions être coopératif) sans savoir pourquoi.

Mais il y a aussi des moments où pour un même comportement donné,  nous ne nous sentons pas mal parce que nous sommes capables de le justifier en nous basant sur quelque chose d’autre que nous faisions et qui n’avait rien à voir avec un mauvais comportement de notre part.

Cela signifie que nous n’avons souvent aucune idée du pourquoi nous nous sentons tristes ou anxieux. Nous pouvons également ne pas comprendre pourquoi quelqu’un d’autre peut être en colère contre nous alors que nous sentons que nos actions étaient parfaitement justifiées. Notre propre comportement peut parfois être un complet mystère à nos propres yeux.

C’est là que la thérapie intervient. Un Thérapeute peut vous aider à comprendre dans un premier temps que les raisons que vous invoquez pour justifier un comportement peuvent ne pas être les bonnes raisons. En thérapie, vous pouvez donc commencer à dénouer les facteurs qui interviennent dans ce que vous faites et vous aider à comprendre pourquoi vous pouvez vous sentir mal au regard de certaines de vos actions et pourquoi à d’autres moments, vous ne ressentez rien alors que peut-être vous devriez.

CC.

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